Katalin Patkai | Le Regard du Cygne
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Katalin Patkai

En résidence de création – HS

le 22 mars 2016

« L’enfant qui se tait est mille fois plus sage que Marc‑Aurèle qui parle. Et, cependant, si Marc‑Aurèle n’avait pas écrit les douze livres de ses méditations, une partie des trésors ignorés que notre enfant renferme ne serait pas la même. » Maeterlinck

Je souhaite parler dans HS, comme dans toutes mes pièces, d’amour.
Sujet rebattu dans tous les sens, sujet cliché mais sujet universel.

Plus particulièrement, il s’agit d’un amour absolu, infini entre une mère et son enfant.
Mettre en scène un enfant semble aller de soit, tellement il nous sidère par le regard et le ton juste posés sur les choses de la vie. Cette candeur, que tous les comédiens envient, nous est offerte par la seule présence inconsciente de l’enfant. Inconsciente, innocente tout est là. Comment rendre cette Superbe, dans l’espace de la scène dédiée à l’artifice. Là est un des premiers enjeu de HS. Amener l’enfant à n’être que lui même tout en étant spectaculaire.

L’autre enjeu est d’évoquer la tension amoureuse entre cet enfant et sa mère.
Ernesto Boiffier est un enfant extrêmement actif et demande une attention de chaque instant. Je sens qu’un travail physique avec lui nous sert à avoir une relation de confiance moins basée sur les interdits et les conventions du quotidien familial. Ce qui me permet d’inventer dans mon travail chorégraphique des méthodes pédagogiques et de recherches autres qu’avec des interprètes adultes et professionnels.

J’écris, dans les premières recherches présentées en public, que le travail avec Ernesto consiste en ceci :

« HS est un moment à partager ensemble. Il y a Ernesto avec qui je me suis amusée. On a chahuté, on a construit des cabanes, on a lu, on a réfléchi ensemble sur la vie, demain, après… Ce n’est pas plus que cela, mais c’est énorme. HS parle de cela plus ou moins clairement. » K.P

Au delà de nos rapports duels, je parle de la projection universelle sur l’enfance, vision du présent qui évoque le futur. Du transfert de l’adulte sur l’enfant. Je m’appuie pour cela sur la trame du texte que j’ai écrit, illustré par Frédéric Teschner. En résumé, il est question d’un monde d’enfant. Une catastrophe inconnue a anéanti tous les adultes. Le sort de l’humanité est entre les mains de ces enfants. Ils incarnent l’espoir d’un futur renouvelé, meilleur. Or, en tant qu’adultes, nos espoirs d’une société restaurée et embellie par les nouvelles générations ne seront pas exhaussés dans cette nouvelle.

Les ressorts chorégraphiques viennent des images fortes du texte. Il y a une mise en situation, une élaboration des scènes qui se traduisent dans nos corps. On ne peut chercher un mouvement chez un enfant comme l’on en cherche avec l’adulte. Ici, mon inspiration de chorégraphe vient de la gestuelle enfantine.

 

Biographie 

Fille du sculpteur hongrois Ervin Patkaï, Katalin Patkaï cherche avant tout à fuir une filiation trop évidente en s’inscrivant à la Sorbonne. Après une licence de lettres modernes, elle rentre à l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs de Paris. En 2000, avec son diplôme de scénographe, elle s’engage dans la danse contemporaine qu’elle vient de découvrir : d’abord comme scénographe auprès des chorégraphes Arco Renz, Marion Ballester et Marie-Jo Faggianelli, puis avec ses propres pièces : Spatialisation sonore pour un danseur (2002), qui soude sa collaboration avec Ugo Dehaes.

Viennent ensuite X’XY (2004), Appropriate clothing must be worn (2006), Rock Identity (2007), Sisters (2008). En 2008, Daniel Larrieu lui remet le prix SACD du Nouveau talent chorégraphique. Puis, de sa rencontre avec l’artiste pluridisciplinaire Yves-Noël Genod, naît C’est pas pour les cochons (2009), fable improbable qui réconcilie Nature et Artifice, Rousseau et Baudelaire. En 2013, suite à la naissance de ses deux fils, elle entreprend MILF, ou comment rester femme en étant mère. Katalin est interprète pour les chorégraphes Marie-Jo Faggianelli, Isabelle Esposito, Erika Zueneli, Eric Arnal Burtschy. En 2014, elle crée JEUDI, duo féminin, pour les Rencontres Chorégraphiques Internationales de Seine-Saint-Denis. En 2015, suit Remous, pièce pour les tout petits. Elle est diplômée de l’école de Yoga EFAY.

 

Texte description pièce : © Katalin Patkaï
Photo : © le générateur

 

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