Françoise Dupuy | Le Regard du Cygne
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Françoise Dupuy

En résidence de reprise – Haïku d’Automne

le 17 et 19 octobre 2016

le 2, 5 et 6 novembre 2016

Se mettre en jeu, bien sûr, mais peut -être aussi se mettre au jeu, jouer aussi sérieusement que des enfants, gardant une pincée d’espièglerie pour se garder de «se prendre au sérieux». D’un coté, Françoise, la matière, les impulsions, l’écriture… de l’autre Paola, les réponses de danse, un vrai dialogue entre écriture chorégraphique et interprétation. Comme le peintre et son modèle, le chorégraphe et son danseur, l’artisan et son ouvrage. Complicité artistique entamée il y a plus de trente ans entre Paola Piccolo, élève de Françoise Dupuy, puis son assistante sur des ateliers de pédagogie, de création, et aussi interprète dans diverses pièces chorégraphiques.

 

Biographie

Françoise Dupuy est née à Lyon en 1925. Elle grandit également dans un milieu artistique. Son père, Marcel Michaud, est directeur d’une galerie de peinture, critique d’art et spécialiste d’art contemporain. Françoise commence la danse à cinq ans en suivant des cours de rythmique Dalcroze chez Madame Birmelet et travaille ensuite de nombreuses années chez Hélène Carlut. Adolescente, elle étudie la musique avec César Geoffray et la peinture avec Albert Gleizes. Pendant la guerre, elle travaille le théâtre avec Jean-Marie Serreau, 0’Brady, Jacquemont, et la danse classique avec Youri Algaroff et Youra Lobov. A la fin de la guerre, elle monte à Paris. Elle est soutenue par Pierre Tugal, le directeur des Archives Internationales de la danse (A.I.D.) ainsi que par Roger Blin. Elle travaille avec Marguerite Bougai, Nicolas Zvereff et Etienne Decroux et fait un bref passage au Ballet des Champs-Elysées.

C’est chez Jean Weidt, en 1946, que Françoise et Dominique Dupuy se rencontrent. Durant trois ans, ils font partie du Ballet des arts, troupe créée par le « danseur rouge » à son retour de guerre. En 1949, Jean Weidt, déçu par Paris, rejoint le Komische-Oper de Berlin-Est. Françoise et Dominique, orphelins, tentent de constituer une troupe, mais sans véritable succès. Ils décident alors de former un duo sous le simple nom de Françoise et Dominique. Commence une longue pérégrination à travers les théâtres parisiens où le couple se produit dans des spectacles de cabaret et music-hall, participe à des galas et nuits de toutes sortes, jusqu’aux attractions de cinéma. Ils dansent sous leur deux prénoms jusqu’en 1955, année de création de leur compagnie Les Ballets modernes de Paris.

Les Ballets modernes de Paris se produisent pour la première fois au Festival international d’Aix-les-Bains, en août 1955, puis au théâtre Marigny (en septembre 1955) et au théâtre Daunou et, dans les 1960, partent en tournée jusqu’en Afrique noire. A la fin des années 1950, les chorégraphes Deryk Mendel et Jerome Andrews composent des chorégraphies pour les Dupuy. Dominique Dupuy fait une incursion dans le jazz, en collaboration avec Katleen Henry d’Epinoy, et crée de nombreuses chorégraphies dans ce style. D’autre part Françoise et Dominique reprennent des œuvres du répertoire du XXe siècle : Parade, L’après-midi d’un faune, Jeux…

En 1962, Françoise et Dominique Dupuy créent le premier festival en France entièrement consacré à la danse : le Festival des Baux-de-Provence. Durant sept ans, Les Ballets modernes de Paris y présentent leurs créations. Y sont invités aussi de nombreuses compagnies étrangères, notamment en 1964, celle de Merce Cunningham dont c’est la première venue en France. Les Ballets modernes de Paris rayonnent en province, et sont accueillis aussi dans les théâtres parisiens, au Théâtre de l’Est parisien notamment, plusieurs années de suite. La compagnie donne plus de cent représentations par an. Spectacles, mais aussi animations, les Dupuy s’investissent énergiquement dans la sensibilisation d’un plus large public à la danse. De 1967 à 1969, par exemple, les Dupuy collaborent au projet interdisciplinaire du Musée d’art moderne de la Ville de Paris, nommé ARC (Animation, recherche, confrontation) qui associe arts plastiques, jazz et danse. En deux saisons, les Dupuy présentent quinze manifestations, regroupant vingt-deux chorégraphes et quatre-vingts danseurs, rencontres qui ont pour thèmes : danse et musique concrète, danser dans le silence, la danse et sa pédagogie…

Françoise et Dominique Dupuy participent en outre à nombre de comités, débats, actions corporatives et syndicales : au SNAC, Syndicat national des auteurs compositeurs, dès 1965, à l’AFREC, Association française de recherches et d’études chorégraphiques, avec Dinah Maggie, pour la promotion et la reconnaissance de la danse moderne et des danseurs.

Les Ballets modernes de Paris sont dissous en 1979. De 1978 à 1986, Françoise et Dominique Dupuy animent le Mas de la danse à Fontvieille et poursuivent leur activité aujourd’hui, notamment avec l’association Ode après l’orage.

© Jean Gros Abadie

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