Anan Atoyama | Le Regard du Cygne
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Anan Atoyama

En résidence de création – Hidden Boy

Compagnie Atou

Kazuo Ohno avait, en tant que danseur, la faculté de créer une gestuelle universelle en partant d’un sentiment personnel. Le visionnage de ses danses et la lecture de ses écrits dévoilent un large kaléidoscope des émotions humaines.

Qu’est-ce que la danse pour Kazuo Ohno ?

Comment, aujourd’hui, peut-on traduire cette vision sans imiter sa danse ou être dans un style ? C’est le point de départ de cette recherche et de son écriture.

La philosophie, les textes, les photos et l’histoire de Kazuo Ohno sont sources d’inspiration pour le développement de la création.

Les danseurs ont tout d’abord besoin de retrouver des « mémoires » corporelles inscrites en eux, en suivant les indications proposées par la chorégraphe. Puis, à ces mémoires est associé un imaginaire, produisant ainsi une nouvelle sensation, ou expérience, donc une nouvelle mémoire corporelle : ils n’interprètent ainsi plus l’esthétique d’une idée, mais revivent une expérience brute, sans manière. En partant de cette méthodologie, la recherche d’Anan Atoyama se développera en trois phases avant la composition finale, chacun avec un thème choisi et inspiré de la danse et de la vie de Kazuo Ohno.
La première phase s’est concentrée sur le « don de soi », attitude marquée dans les danses du maître japonais.

Cet extrait public inaugure la deuxième phase : elle se développe autour du sujet « Soi-même ». La perception qu’Anan Atoyama a de la danse de Kazuo Ohno lui porte à penser qu’il avait une appréhension du « soi-même » très claire.  Pour lui, ce dernier s’exprime dans le changement permanent.  Le « soi-même » entretient un lien fort avec les mémoires et les expériences, mais sa force réside dans la faculté à « faire revivre » tous les passés simultanément dans l’instant présent. La danse de Kazuo Ohno, avec ses « multi visages » ou « multi soi-même », est libératrice. Comment « Multiplicité » et « Authenticité » cohabitent alors en chacun ?

Qu’est-ce que la danse pour Kazuo Ohno ? Anan Atoyama se plonge dans son univers et guide les danseurs pour les confronter à des éléments oubliés ou cachés dans leur propre corps, afin de retrouver des connexions avec la vie, le monde, l’origine et l’univers.

 

Biographie

Anan Atoyama grandit sur l’ile de Kyushu, où elle pratique assidûment la danse classique (école russe). A sa majorité, elle quitte l’archipel japonais pour entreprendre des études de psychologie aux Etats-Unis.

Ce changement d’univers s’enchaine à un second quand elle découvre à Philadelphie la danse moderne, qui lui fait abandonner ses études et la conduit à New York ou elle se consacre durant trois ans à l’étude des techniques Graham et Horton à l’Alvin Ailey School, la release technique à la Trisha Brown Company et la technique Cunningham à la Cunningham School.

Sa passion du mouvement, attisée par la danse contemporaine, l’amène en Europe en 2004.A peine une année passée au Theater Der Klange à Dusseldorf, qu’un nouvel univers lui est proposé par la Japan International Cooperation Agency : développer le pôle danse des conservatoires de Monastir et de Madhia en Tunisie. Durant ces deux années, elle enseigne aussi à l’école des sourds et muets ATAS de Madhia.

Au terme de cette mission Anan Atoyama décide de se consacrer à la chorégraphie. Elle co-fonde la Compagnie AToU à Lyon en 2008 et participe parallèlement à des projets au Japon (Dance Hakushu  de Min Tanaka), en Italie (Manifatture Knos), au Nicaragua (Chiuda Dario) et en Pologne (Festival Lodz).

En 2012, l’énergie et la créativité de la chorégraphe japonaise séduisent la ville de Vaulx-en-Velin qui l’accueille pour une résidence artistique. Cette même année, elle chorégraphie pour les villes de Sainte Foy-lès-Lyon et Vaulx-en-Velin le Défilé de la Biennale de la Danse de Lyon.

Au rythme soutenu d’une création par an, WelCOME en 2012, SHiNMu en 2013, Mille Oasis en 2014 et Love Me Softly / Kill Me Tender en 2016,  Anan Atoyama, épaulée d’une équipe impliquée, développe également sur son territoire de résidence des projets innovants et ambitieux avec des amateurs de tout horizon, en partenariat avec les acteurs locaux.

C’est le cas par exemple avec le Groupe de Lyon dans le cadre du Défilé de la Biennale de la danse 2016. Inspirée par le mouvement des makers, elle a impliqué les participants, de la conception à la réalisation, sur chaque élément du défilé : danse, costumes, char et musique.

© Hervé Deroo