Signes d’Automne – Exposition de danse en peinture – L’Amitié d’Olga Boldyreff | Le Regard du Cygne
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Signes d’Automne – Exposition de danse en peinture – L’Amitié d’Olga Boldyreff

10/11/2016 - 25/11/2016

Gratuit

L’amitié d’Olga Boldyreff

« Nous avons coutume aujourd’hui de ne voir dans l’amitié qu’un phénomène de l’intimité, où les amis s’ouvrent leur âme sans tenir compte du monde et de ses exigences. […] Aussi nous est-il difficile de comprendre l’importance politique de l’amitié. » Hannah Arendt, Vies politiques (1974).

« Pour moi, l’amitié s’étend bien au-delà du territoire des relations personnelles, elle ne s’exerce pas uniquement sur le registre du sentimental et de la confidence. Ma vision de l’amitié est celle d’un lieu où les idées se formulent dans une pluralité démocratique. Ce berceau permet à l’amitié d’interagir avec les autres, elle devient un lieu de dialogue et de négociation pour toutes les idées. Ainsi, en permettant de se penser en rapport avec les autres, l’amitié combat l’individualisme sur lequel se fonde l’idéologie capitaliste du monde de l’art. Elle impulse l’idée révolutionnaire que, prise comme modèle de solidarité, elle est capable de produire du changement dans le champ artistique et politique. L’amitié entre artistes, introduit des enjeux au fort capital symbolique, elle produit de l’identitaire et fait naître des micro-sociétés, grâce à un travail de rapprochement et de partage. (…) Qu’est-ce qui circule dans cette relation entre artistes, qu’est-ce qui s’échange, se crée ou se transforme ? Dans quelle mesure l’échange donne-t-il forme et couleur à la relation ? Ces questions sont au cœur de mes recherches dans le cycle des peintures – portraits autour de Sylvie Puiroux, danseuse et chorégraphe. Ma question est : comment réunir les termes d’amitié et de création? « , Olga Boldyreff extrait du carnet d’artiste, l’amitié, 2016.

 

Biographie d’Olga Boldyreff

Née à Nantes de parents russes exilés, Olga Vladimirovna Boldyreva ou Boldyreff selon la traduction française, a passé une grande partie de sa vie à recoudre les morceaux de son histoire avec la Russie.

Après une enfance solitaire où elle se passionne pour les grands romanciers qui lui font découvrir le monde, elle subit un véritable choc psychologique en 1976 lors de son premier voyage en URSS au cours duquel elle retrouve sa famille. Elle décide alors de construire une oeuvre à l’image de son identité plurielle, multi facettes et pluriculturelle. O.B est une artiste aux formes d’expressions multiples : dessin, peinture, écriture, sculpture, installation, spectacle, performance, photographie, conférences, vidéo, radio. Elle se passionne pour la danse et la musique contemporaine, au Conservatoire d’Art Dramatique à Angers elle suit le cours de René Rabault (le festival d’Angers débute avec lui), avant de suivre l’enseignement de l’Ecole des Beaux Arts à Nantes d’où elle sort diplômée en 1982.

Après une première période marquée par une pratique du dessin et des performances (Moi, je me balance, 1979 – La maison mobile, 1981), Olga Boldyreff mène une vie d’errance en France et à l’étranger. Elle voyage le plus souvent en Russie mais aussi en Suède, en Italie, en Allemagne, en Autriche, en Irlande, en Grande-Bretagne, au Portugal, en Espagne, en Belgique, aux Pays Bas, au Danemark, au Luxembourg, en Grèce, en Finlande, aux Etats-Unis, au Canada. Le voyage en tant que quête est au coeur de sa vie et de son oeuvre. Dès la fin des années 1980 et jusqu’au milieu des années 2000, elle développe une approche extrêmement personnelle, s’attache à recoudre son histoire avec la Russie, à faire se rapprocher l’orient et l’occident, à faire exister sa dualité. Elle intègre à ses dessins et sculptures des techniques et matériaux empruntés à l’art populaire (broderie, tricot, tricotin, crochet, pyrogravure, fil, feu), et tente de faire une synthèse entre l’Avant garde russe, l’imagerie populaire et les tendances de l’art contemporain occidental : Arte povera, antiforme, art conceptuel. Durant cette période l’artiste parvient à redéfinir les limites physiques de son territoire et à étudier les phénomènes de séparation (Les petits abandons, 1993-1994). Cette pratique lui permet de construire, détruire et reconstruire sans cesse des formes et des espaces d’accueil (L’enlèvement, 1996-2001). En 2005, elle trouve réponse aux questions qu’elle se pose avec la ville de Saint-Pétersbourg. Lieu d’une intense contradiction, Saint-Pétersbourg se présente avec une double image, d’un côté les façades somptueuses et de l’autre les arrières–cours de tragédies. Les figures de Pouchkine, Gogol et Dostoïevski surgissent au coin de chaque rue. Les dessins qu’Olga Boldyreff réalise à cette époque sur Saint-Pétersbourg montre une ville mystérieuse, utopique, qui possède quelque chose d’insaisissable. Les images, le texte et les dessins de son film Façades, la traversée des apparences – 2010, illustre en partie ses recherches sur Saint-Pétersbourg. Tout comme le peintre Mstislav Dobuzhinskii (1875-1957) elle s’intéresse plus aux aspects sombres de la ville, ses ruelles, ses cours plutôt qu’à la beauté classique de ses façades.

Nourrie de questionnements philosophiques et de littérature, mélangeant culture populaire et classique, alimentée d’éléments autobiographiques l’oeuvre d’Olga Boldyreff s’est construite sur un « entre-deux » entre héritage slave et tradition occidentale. En quête de mémoire elle voyage en Russie pour se créer ses propres souvenirs et pour en finir avec les fantômes du passé. Après avoir longtemps utilisé le fil pour dessiner et pour recoudre son histoire avec la Russie, elle revient à des techniques plus traditionnelles de dessin et de peinture et s’engage dans un travail sur la mémoire. Elle inscrit les lieux pour ne pas oublier. C’est un travail de mémoire, dans un pays où l’oubli a longtemps été pratiqué. Les oeuvres qu’elle réalise actuellement se concentrent sur une tentative à saisir les lieux, dans leurs moments fugitifs d’apparition et de disparition, dans cet espace de l’entre-deux, où les frontières deviennent propices au surgissement. En juxtaposant et en superposant des fragments de mémoire, elle cherche à faire se confronter les certitudes d’une certaine histoire écrite ou réécrite selon les besoins du moment. Ses dessins et peintures sont un tissu de mémoire, ils retiennent des moments et donnent persistance au lieu, seul moyen pour retrouver des morceaux de mémoire oubliées. Le dessin réactive des éléments de connaissance, d’expérience, d’émotion, de sentiment liés aux lieux représentés. Pour Olga, dessiner un lieu, un paysage, une façade d’immeuble, un monument, revient à faire vivre cet endroit avec son passé.

Ses peintures récentes évoquent ses voyages sur un ton mélancolique car l’artiste sait que tout est perdu définitivement. Olga Boldyreff continue à peindre des villes vidées de leurs habitants, des paysages de l’Orient russe flottant dans la brume. Les yeux toujours tournés vers un ailleurs lointain, elle médite sur la fragilité de la vie, ses peintures sont le reflet de son état d’âme, du regard qu’elle porte le monde, sur son impuissance à faire face aux catastrophes. Dans ses dessins et peintures règnent la solitude, l’absence, le silence et l’attente, pas de figure humaine mais des routes qui ne mènent nulle part, des villes et des villages abandonnés. Les techniques mixtes qu’utilise Olga Boldyreff placent le spectateur dans le doute. A partir d’images photographiques qu’elle déconstruit par recouvrements (le voile de la mémoire), elle donne naissance à ses «images intérieures», des peintures d’atmosphère sur des villes, des paysages, des sons, des odeurs. L’histoire familiale a produit sur l’artiste Olga Boldyreff une quête mémorielle, des errances, une place de « l’entre-deux », un langage de l’absence et de la faille.

 

 

Détails

Début :
10/11/2016
Fin :
25/11/2016
Prix :
Gratuit
Catégories d’Évènement:
,

Organisateur

Le Regard du Cygne
E-mail :
info@leregarducygne.com

Lieu

Le Regard du Cygne
210, rue de Belleville
Paris,75020France
+ Google Map
Téléphone :
0143585593

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